Lundi 12 février 2007
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Chers amis ultreïstes
Va falloir archiver, supprimer, réorganiser les articles pour être plus fonctionnel donc ordonner, ce qui n'est pas mon fort. Eh oui je vais être obligé de restructurer ce blog. Mais j'y arriverai, je suerai à grosses gouttes, dormirai deux heures par nuit, travaillerai d'arrache pied, arracherai mes cheveux, rongerai mes ongles, userai mes yeux sur l'écran (noir de mes nuits blanches où je me fais du cinéma) et le bout de mes doigts sur le clavier... bon, oui c'est pas tout a fait le top et suis pas félé à ce point, faut pas exagérer non plus. C'est un projet, et il faut quand même que je m'y attèle serieusement ces prochains temps pour réorganiser ce meli-melo et où il est difficile de se retrouver. Et puis j'ai encore des photos à insérer, surtout celle des rencontres en cours de chemin. Si vous avez des conseils, surtout n'hésitez pas je suis preneur.
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Par Jora
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Publié dans : le retour
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Vendredi 19 janvier 2007
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20:47
Par Jora
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Publié dans : le retour
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Jeudi 7 décembre 2006
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16:59
Pendant plus de 100 jours j'ai vécu entre parenthèse, égoïstement sûrement,
où chaque jour vous apporte quelque chose de nouveau.
Pas le temps de s'ennuyer, je marche, pense, découvre, aime, prie, rit, pleure, chante, cuisine, mange, lave, dort, me réveille, mange,
range et porte mon sac à dos, marche, pense... vis le chemin. Je vis une vie parallèle jusqu'à en oublier la réalité que j'ai quitté et que je redécouvre aujourd'hui peut-être sous un
jour nouveau. Oui ces 116 jours sont une parenthèse dans la vie de tous les jours mais oh combien enrichissants dont je ne mesure pas encore tous les effets. Les portes de la parenthèse se sont ouvertes très
grandes et refermées si rapidement que j'ai du mal à poser le pied dans cette réalité. Pas grave. Le rêve était si beau et le restera et
cela ne me dérange pas le moins du monde d'y faire des incursions de temps à autre en fermant les yeux. J'y vois une Véronique pas si mécanique que ça et qui a de la chance à la loterie de la vie,
un Stephan au coeur tendre, un Yan plein de vie et qui ne demande qu'à la vivre, une Maryline que j'ai blessée et qui est allée au bout du
chemin, des papillons qui nous indiquent le chemin, un padre Frédéric avec qui j'ai souvent marché et beaucoup parlé et qui m'a rassuré,
une Mercedes et un Antonio dont la montre c'est heureusement cassée et qui continuerons l'année prochaine, une Bodil et un Christian avec qui j'ai aimé discuter, un Sylvio qui en savait des choses
sur les énergies...des Jacques, Majo, Bernadette, Claudie, Jean-Louis, Françoise, Maurice, Joelle, un Nico avec lequel les retrouvailles à
Santiago étaient émouvantes, une Aurelia mystérieuse qui aime les bons mets, Sylvie, Amélie, Boby et sa poule de luxe, Nicole, Serge,
Josiane, Jean-Pierre, Ester, Jean, Stephanie, Ziv et sa musique, et tant
d'autres...Des cathédrales grandioses, des retables couverts de l'or des incas, Des Saint Jacques de toutes les tailles et de toutes les couleurs, des églises très sobres et des chapelles dans lesquelles j'aimais me recueuillir ou
méditer,
des anges que l'on rencontre d'autres qui vous accompagnent,
des ponts petits et grands, des rivières, des montagnes, des vallées, des maisons toutes différentes en pierre en galet en brique en torchis, le
soleil, la pluie, le brouillard, le vent, des éoliennes par centaines, des chemins qui n'en finissent pas, des lessives quotidiennes, des repas en commun ou seul, des bocadillos, des tortillas, des
cañas accompagnés de tapas, des cafés con leche ou solo, des rires, des pleurs, des bonheurs, des signes que l'on voit ou croit voir ou plutôt qu'on prend le temps de voir et qui vous sont
personnels, de longues discussions, des sacs qu'on range et qu'on vide, des lits superposés ou côte côte, des bouchons pour les oreilles, des sachets plastique qu'on froisse et qui vous réveillent,
des gens sympas qui vous offrent à boire à manger et parfois vous hébergent, des musiciens, des ampoules aux pieds,
des
tendinites qui vous laissent sur le carreau, des embrassades, des adieux, des messes, des chants grégoriens, des musées, des moutons, des
chèvres, vaches, des horéos, le froid, le chaud, des nuits à côté de
cimetières, au camping, en gîtes propres et moins propres, des refroidissements, des indigestions, de grosses fatigues, des plaines
immenses, des forêts d'eucalyptus entièrement dévastées par le feu, et des histoires d'hommes et de femmes, des retrouvailles sur la place
de la cathédrale à Santiago et enfin le bout de la terre, la fumée des habits qui brûlent et qui vous piquent la gorge... Le quotidien du camino, la vie vécue au quotidien. Je suis entré dans
ce rêve qui ne c'est pas déroulé comme je me l'imaginais. Tout ce que j'y ai vécu me semble encore si irréel mais je sais que je l'ai vécu. Les rencontres ont été si belles, j'y ai gagné des
amitiés et perdu d'autres avec beaucoup de peine et de regrets. C'est la vie, peut-être entre parenthèse, mais oh combien réelle tout de même.
J'étais au bout de la terre et il faisait très très
beau.
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Coucher de soleil sur le Cap Finisterre
Vue depuis l'albergue San Roque de Corcubiòn (a recommander)
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Merci à vous pèlerins et rencontres au hasard de mon chemin vers le champ
des étoiles, à vous qui m'avez accompagné par la pensée, vous qui m'avez aidé à me préparer. Merci à vous qui m'avez donné de l'eau ou de quoi manger quand je n'avais pas suffisamment de
provisions. Merci à vous qui m'avez invité pour un repas, donné la possibilité de m'abriter d'une averse ou m'avez hébergé pour la nuit. Merci à mes proches et amis et pardon de vous avoir "oubliés"
pendant ma route.
J'espère n'avoir oublié personne !
Voilà la vie normale reprend son cours mais le sera-t-elle encore, "normale" ?
Par Jora
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Jeudi 23 novembre 2006
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10:47
La Précipitation est la ressource
des hommes qui manquent de foi.
Hurry is the resource of the faithless.
Robert Louis Stevenson : An Inland Voyage - Chap XIV
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La marche est un formidable vecteur du
savoir regarder, écouter, entendre, voir en et autour de soi. Prendre le temps, prendre son temps. Ce n'est pas en voulant tout faire qu'on verra ou fera
plus.
Tout est beau il suffit de savoir
regarder autour de soi, quel que soit le chemin qu'on prend, l'important c'est qu'il vous mène au beau même s'il est ou paraît inaccessible. L'important dans le chemin c'est le chemin.
C'est une partie de ce que le chemin de Saint Jacques m'a appris, et il m'en reste tant à découvrir.
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une vision au petit matin entre Olveiroa et Hospital en Galice
Le démarrage d'une éolienne.
Que d'émoi si l'on y voit un être étrange naissant dans la brume et
s'appretant à prendre son envol. La lente et lourde rotation de ses pales ce faisant avec grâce par ce léger vent qui souffle à nos oreilles.
Savoir où sont
ses préférences, au lieu de répondre humblement "Amen" à tout ce que l'univers entier assure que l'on doit préférer,
c'est garder son âme en vie.
To know what you prefer, instead of humbly saying Amen to what the world tells you you ought to prefer, is to have kept your soul alive.
Robert Louis Stevenson : An Inland Voyage - Chap III
Par Jora
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